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Lebil vinyle idylle


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Après de longs mois d’attente, j’ai l’immense plaisir de vous annoncer que le 33 tours est enfin disponible en écrivant ici

Dépêchez-vous de commander, il n’y aura pas pour tout le monde de cette édition limitée « Collector » à 100 exemplaires en finition heavy 180 grammes avec photo exclusive en verso d’insert.

La fabrication de l’album « Machine humaine » au format vinyle a guidé ma démarche de producteur et représente à mes yeux l’achèvement du travail de réalisation qui me permet de vous proposer le disque sur tous les formats actuellement disponibles (MP3, CD, fichier Haute résolution, vinyle) afin de répondre à toutes vos envies.

Me concernant, le vinyle a toujours tenu une place à part. Enfant, unique support phonographique, il représentait un objet de rêve et de fascination. Il ne me fallut probablement pas dépasser les quatre ans pour honorer moi-même la platine B&O de mes parents ainsi que les Thorens de mes oncles. Je pouvais rester ainsi des heures à contempler les révolutions de 33 ou de 45 tours par minute. De longs moments à parcourir et savourer les textes des grands auteurs, les crédits des musiciens, arrangeurs, ingénieurs du son, graphistes, photographes, autant de noms qui sont rentrés à jamais dans la légende discographique. Le vinyle fut donc à l’origine de mon penchant mélomaniaque par lequel je devins musicien. Je vous parlerai une autre fois de ces disques fabuleux qui forgèrent mes oreilles et seront source intarissable d’inspiration. Mais c’est une autre histoire…

Le retour du vinyle dans les bacs et dans les courbes de vente des maisons de disque, aussi modeste soit-il, nous interroge sur notre rapport à l’œuvre musicale dans l’univers numérique actuel. Personne n’aurait misé un centime il y a10 ans sur la résurrection de ce support. Voici pour ma part quelques tentatives d’explication :

Etre partisan de tel ou tel format relève d’une conception esthétique objective dans un cas et subjective dans l’autre. Objectivement, le chauffage électrique est bien plus fiable que le chauffage par la cheminée. Subjectivement, on pourra préférer l’un ou l’autre.

Les supports numériques sont réputés pour être particulièrement fidèles à l’enregistrement réalisé en live ou en studio. C’était partiellement vrai pour les CD et désormais beaucoup plus pour les fichiers Haute Résolution dont je vous ai parlé précédemment et qui nous offrent objectivement la possibilité d’entendre ce qui a été joué dans sa restitution la plus vraisemblable. C’est ce que j’appellerai l’esthétique de la perfection. Par défaut, et par nature, celle-ci reste illusoire.

L’approche du vinyle est l’exact opposé. Tout son processus de fabrication reste imparfait, contraignant, empirique, capricieux, aléatoire, et rajoute quelque chose à ce qui a été joué lors de l’enregistrement. Contrairement au numérique qui est une méthode de reproduction soustractive (on reconstitue une onde sonore par une suite de points), le vinyle est un système analogique additif (voire addictif pour certains). Bob Clearmountain, un des plus grands ingénieurs du son spécialiste du mastering, témoigne dans l’excellent « Perfecting sound forever » (de l’américain Greg Miller) de sa souffrance laborieuse dans la conception des vinyles. Ma modeste expérience en la matière ne peut que lui rendre raison sur ce point. Pour « Machine humaine », il m’aura fallu 3 versions de testpressings (échantillon vinyle) différentes passées entre les mains de Sean Magee à Abbey Road et celles de l’usine en Allemagne pour obtenir le meilleur compromis.

Le son de « Machine humaine » en vinyle et en numérique, bien que proche, est donc différent et on pourra préférer tel ou tel format.

Si objectivement le format sonore HR numérique l’emporte sur le vinyle, l’avantage de ce dernier est très net sur tous les autres aspects de l’expérience sensorielle :

Le vinyle demande une démarche plus active d’écoute : poser l’album sur la platine, mettre le saphir sur le sillon, tourner la face au bout de 20 minutes nous rendent acteur, plus attentif, mieux concentré. Tout le contraire d’un format numérique nomade type MP3 certes pratique, mais distractif à bien des égards.

Le format graphique plus important confère toute sa majesté à l’artwork signé Pierre Dejarnac. Visuellement, l’objet fait beaucoup plus rêver. Y a pas photo !

Le disque en lui même, dans sa version collector 180 grammes, est agréable au toucher et j’ai toujours beaucoup de plaisir à le manier.

Personnellement je vois dans le vinyle l’incarnation du miroir de nos âmes. Tenter l’expérience de l’écoute d’un ancien vinyle est en cela édifiante. Non seulement elle nous replonge dans le souvenir immédiat de l’époque de la chanson, mais encore elle projette le souffle de notre âme connectée à l’épreuve du temps : le son paraît ainsi plus feutré, chaleureux. Même les moindres petits crépitements semblables à ceux des feus de cheminée nous donnent une sensation d’écoute confortable, presque réconfortante par rapport à l’aspect lisse du numérique. Bon, je vous accorde que le disque ne doit pas non plus être rayé, usé jusqu’à la corde, nous renvoyant de fait à une usure moins gratifiante…Mais vous aurez bien compris l’analogie : comme dans la vrai vie, le vinyle nous apporte l’imparfait, la distorsion, en un mot le souffle, ce « petit supplément d’âme », véritable sel de nos existences qui, à l’ère de l’esthétique numérique représente une véritable bouffée d’oxygène pour nombres de mélomanes y compris parmi les plus jeunes.

Je fais le pari que dans les 5 ans à venir on trouvera dans les bacs plus de vinyles que de CD. Celui-ci aura d’ailleurs probablement disparu tant son format numérique est obsolète.

Serez-vous un de celui qui pourra dire : moi Monsieur je l’ai…le vinyle de Lebil.

Bien musicalement,

LEBIL

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